• Livre et écriture,

Voir la Grande Guerre, par Annette Becker

Publié le 13 octobre 2014 Mis à jour le 21 octobre 2014

Un nouveau regard sur la première guerre mondiale

Ce livre est un manifeste d’historienne. Pour dire la guerre mondiale, souvent totale, il prouve que d’autres ressources que celles de l’écrit sont nécessaires, d’où ce récit placé à hauteur d’œil, dans le regard des regards des années de guerre. Qu’ont perçu les combattants et les civils du monde entier des fronts militaires et des fronts domestiques ? Qu’ont fait passer de la tragédie globale et des tragédies singulières, dessinateurs, cinéastes, peintres, photographes, artisans d’objets de guerre ? Nous saisissons le conflit à travers les images, celles qui furent publiées ou exposées comme celles qui demeurèrent dans la sphère privée. Trois chapitres construits autour de la photographie et du cinéma, des caricatures et du camouflage militaire – paradoxalement né en partie autour des avant-gardes – réactivent souffrances, consentements, désespoirs, refus, courages.
De nombreux contemporains pensaient que la douleur serait infinie ; le quatrième chapitre, « Deuils » permet de suivre le prolongement des images du temps de guerre dans le siècle : les pratiques commémoratives ont transformé les paysages et les espaces mentaux, jusqu’aux artistes les plus résolument contemporains.
Un écrivain, Pierre Bergounioux, conclut le récit.

Mis à jour le 21 octobre 2014